Le cancer
- Enjeux
- Ressources mobilisables
- Points de vigilance
- Perspectives
- BOÎTE À OUTILS
Enjeux
La survenue d’un cancer chez une personne âgée nécessite de prendre en compte bien davantage que la seule pathologie cancéreuse. L’âge peut s’accompagner de fragilités, de maladies chroniques, de traitements multiples, de troubles nutritionnels ou cognitifs et de difficultés sociales susceptibles d’influencer la tolérance et les bénéfices attendus des traitements.
L’objectif de l’oncogériatrie est de proposer une prise en charge individualisée, tenant compte à la fois de la maladie, de l’état de santé global, des capacités fonctionnelles et du projet de vie de la personne. Cette approche permet d’éclairer les choix thérapeutiques et de rechercher le meilleur équilibre entre efficacité des traitements, risques associés et qualité de vie.
Dans les Hautes-Alpes, la question de l’accès à cette expertise prend une dimension particulière compte tenu de la concentration des ressources spécialisées hors département dans les principaux Centres Experts Régionaux et des distances pouvant séparer les patients de leur lieu de résidence.
Une attention particulière doit être portée aux transitions entre l’hôpital et le domicile afin que les traitements, les prescriptions et les modalités de surveillance soient clairement compris et relayés par les professionnels de proximité.
Ressources mobilisables
Le parcours oncogériatrique s’appuie sur une coopération entre les professionnels qui interviennent aux différentes étapes de la prise en charge :
- le médecin traitant, qui connaît l’état de santé habituel de la personne, ses antécédents, ses traitements et son environnement de vie ;
- les équipes d’oncologie, qui assurent le diagnostic, proposent les traitements et organisent leur suivi ;
- les professionnels de gériatrie, sollicités lorsque l’âge ou la fragilité de la personne nécessite une évaluation complémentaire ;
- les professionnels paramédicaux et du domicile, qui peuvent contribuer au repérage d’une perte d’autonomie, d’une dénutrition ou de difficultés dans la vie quotidienne ;
- les services de soins médicaux et de réadaptation, notamment lorsque le traitement ou l’évolution de la maladie entraîne une diminution des capacités fonctionnelles ;
- les professionnels des soins de support : diététique, psychologie, activité physique adaptée, accompagnement social ou autres interventions visant à préserver la qualité de vie ;
- les proches aidants, dont la place doit être prise en compte dans l’organisation du parcours, avec l’accord de la personne.
Points de vigilance
Plusieurs facteurs peuvent fragiliser le parcours oncologique d’une personne âgée :
- le risque de sous-estimer la fragilité d’une personne en raison de son seul âge ou, à l’inverse, de considérer l’âge comme un frein systématique à certains traitements ;
- une évaluation globale parfois insuffisante avant l’engagement d’un traitement lourd ;
- la coexistence de plusieurs pathologies et traitements pouvant augmenter le risque d’iatrogénie, de dénutrition ou de perte d’autonomie ;
- des difficultés pour assurer la surveillance des traitements au domicile, particulièrement lorsque ceux-ci sont complexes ou administrés par voie orale ;
- une transmission parfois incomplète des informations entre les équipes hospitalières et les professionnels intervenant au domicile ;
- des déplacements importants pour les personnes vivant dans les vallées ou secteurs ruraux et de montagne, qui peuvent rendre certaines consultations ou certains examens plus difficiles à organiser ;
- une charge importante pour les proches lorsque les traitements entraînent fatigue, perte d’autonomie ou besoin d’une présence quotidienne.
Le parcours doit également rester attentif aux souhaits de la personne : les décisions thérapeutiques doivent intégrer ses priorités, son autonomie, son environnement et ce qu’elle considère comme acceptable en matière de contraintes et de qualité de vie.
Perspectives
Le développement d’une véritable culture de l’oncogériatrie sur le territoire peut contribuer à mieux adapter les parcours aux besoins des personnes âgées atteintes de cancer. Il s’agit notamment de renforcer les liens entre les équipes spécialisées, la gériatrie, les professionnels de ville et les acteurs du domicile.
Dans les Hautes-Alpes, la coordination entre les différents niveaux de recours constitue un enjeu particulièrement important. Lorsque l’expertise spécialisée n’est pas directement accessible à proximité, les échanges entre professionnels et l’anticipation des étapes du parcours peuvent limiter les déplacements inutiles et sécuriser le retour au domicile.
Le développement des soins de support, le repérage précoce des fragilités et la prise en compte systématique de l’environnement social et familial doivent également permettre d’éviter qu’un traitement oncologique n’entraîne une perte d’autonomie qui aurait pu être prévenue.
Enfin, dans les situations complexes, le DAC 05 peut contribuer à mettre en lien les différents intervenants, à identifier les ressources mobilisables sur le territoire et à faciliter l’organisation du parcours autour du projet de la personne.
BOÎTE À OUTILS